Le mot du Directeur – Février 2018

Avant de vous laisser la joie de savourer la visite de ce site web, je voudrais partager avec vous ces quelques mots du Pape François :

Dans son exhortation apostolique sur « la joie de l’Évangile » : « Le temps est supérieur à l’espace, c’est donc qu’il permet de travailler à long terme, sans être obsédé par les résultats immédiats. Il aide à supporter avec patience les situations difficiles et adverses, ou les changements de plan qu’impose souvent la réalité. Un des péchés qui se rencontre parfois dans l’activité « humaine » consiste à privilégier les espaces de pouvoir plutôt que les temps de processus. Donner la priorité à l’espace de pouvoir conduit à devenir fou pour tout résoudre dans le moment présent (…). Donner la priorité au temps, c’est s’occuper d’initier des processus plutôt que de posséder des espaces ».

Et il me parait que ce texte éclaire totalement notre Projet Éducatif, en effet : le temps est supérieur à l’espace … et en matière d’éducation cela devrait être gravé dans le marbre… Il nous faut poser le sens de nos actions sur le long terme, et que celui-ci soit toujours référé au regard chrétien que nous posons sur l’ensemble des membres de la communauté éducative du Collège Épiscopal Saint André. Travailler à long terme n’est pas compatible avec l’immédiateté des résultats.

Se donner la priorité au temps, ce serait déjà de commencer par s’en accorder afin de ne pas succomber aux tentations dont on voudrait nous faire croire qu’elles sont essentielles. Chercher à éclairer, à discerner l’utile de l’illusoire, n’est-ce pas là que nous sommes attendus … Dans notre contexte, dans notre ambiance du moment, c’est bien ce qui doit illuminer notre quotidien d’éducateur.

Se donner la priorité au temps, ce serait déjà de commencer par utiliser notre liberté qui est au cœur du projet de l’Enseignement Catholique. Cette liberté qui nous autorise une dynamique propre à notre établissement permettant de privilégier la diversité plutôt que l’uniformité, l’initiative plutôt que la reproduction, la prise de risque plutôt que le confort de l’habitude. Cette liberté doit incarner notre action éducative, qui n’est, soit dit au passage, sûrement pas de « fabriquer » le plus de diplômés possible, mais de conduire chaque jeune, considéré comme une personne, sur le chemin de l’exercice de la liberté.

Se donner la priorité au temps permettrait de prendre soin des plus faibles parce que « nous sommes appelés à prendre soin de la fragilité du peuple et du monde dans lequel nous vivons » pour construire une société bénéficiant de la paix, de la justice et de la fraternité.

Se donner la priorité au temps serait dans notre rapport avec le monde d’affirmer que nous sommes invités à rendre compte de notre espérance, mais non pas comme des ennemis qui montrent du doigt et condamnent, mais comme des missionnaires qui cherchent le bien du prochain et qui désirent le bonheur des autres.

Cependant quand nous regardons vers l’avenir, il existe de nombreuses incertitudes qui doivent être dépassées. Et surtout ne pas se décourager face aux échecs ou aux faibles résultats parce que « la fécondité est souvent invisible, insaisissable, et elle ne peut être comptée ». Alors, gageons d’être toujours et encore plus innovants pour relever ce défi le plus difficile qui vise à modifier nos modes de pensée pour faire face à la complexité grandissante, à la rapidité des changements, à l’imprévisible, à notre vulnérabilité, tout simplement à notre humanité.

Dans notre communauté éducative bien vivante, il m’est toujours agréable de constater combien les initiatives, innovations, et projets lancés dans l’établissement sur les plans pédagogique et éducatif, ne restent pas lettre morte, mais trouvent un écho favorable chez les enseignants, les cadres et les personnels éducatifs. Attachés à notre maison, beaucoup d’entre nous répondent aux sollicitations. Un projet peut ainsi mobiliser dans la durée un nombre important d’acteurs et de participants. C’est là le signe de la bonne ambiance qui règne dans notre établissement, où chacun vient travailler avec plaisir. Les élèves ne sont pas en reste non plus. Quand nous les interrogeons, ils mesurent la chance d’être scolarisés à Saint André, où ils sont encadrés, écoutés, stimulés, bien accompagnés dans leur orientation. Ils reconnaissent la qualité de l’enseignement dispensé et de l’encadrement.

Je voudrais, puisqu’il m’est permis de la faire, remercier chaleureusement l’ensemble des enseignants, des personnels de l’établissement qui œuvrent souvent dans l’ombre et quelquefois dans la lumière, qui sont des serviteurs faisant un travail remarquable dans l’accompagnement des élèves sur le terrain, donnant toutes leurs compétences et leur énergie dans leurs missions. Vous savez que notre établissement sera ce que nous en ferons ensemble !

A l’évidence, notre Collège Épiscopal Saint André dispose d’énormes potentialités, à caractère pédagogique, humain, éducatif, spirituel… Son rayonnement et son attractivité continuent à inspirer confiance aux familles et aux jeunes. Les enseignants découvrent avec intérêt chez ces derniers bien des ressources méconnues ou inexploitées, pour ce qui est de l’engagement, des idées, de la créativité. Notre Collège Épiscopal Saint André doit continuer à déceler et à épanouir toutes ces richesses enfouies, en leur donnant un sens que notre projet pédagogique lui inspire directement : les valeurs de liberté, d’ouverture aux autres et au monde, d’éducation chrétienne, et de responsabilité.

Notre Collège Épiscopal Saint André peut résolument regarder vers l’avenir, beaucoup de choses y sont semées, puissions-nous en favoriser l’éclosion.

Très belle lecture à vous et encore tous mes sincères remerciements pour les travailleurs de l’ombre de cette plaquette qui œuvrent sans compter pour que vous puissiez avoir un témoignage de nos réalisations avec les jeunes que vous nous confiez.

Olivier THOMAS
Chef d’établissement