Voyage pédagogique en Pologne

Dans le cadre d’un projet pédagogique Lettres-Histoire en conformité avec les programmes de 1re, 40 élèves de 1re3 et de 1re6, accompagnés de Mmes KELLER, LETTILY-SCHNEIDER, SUR, et M. FORLEMEYER, se sont envolés du 6 au 10 mai pour Cracovie où Agnieszka, leur guide polonaise, les a accueillis.

Le voyage à Auschwitz a constitué l’apogée d’un travail en interdisciplinarité Lettres-Histoire visant à analyser les mécanismes qui conduisent au pire et la difficulté de dire l’indicible.

Le séjour débuta par une visite de la vieille ville de Cracovie dont les nombreux monuments témoignent d’un passé prestigieux. Une journée a été consacrée à la visite du quartier juif, du musée de l’usine d’Oscar Schindler et à l’impressionnante mine de sel de Wieliczka, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le quatrième jour, un bus déposa le groupe à Auschwitz-Birkenau où 1,1 million de personnes ont été tuées ; la plupart étaient des juifs, mais aussi des prisonniers russes ou polonais ; des tziganes sont également morts par dizaines voire centaines de milliers. Les cours d’histoire et de français, les témoignages lus, les commentaires et analyses de leurs professeurs avaient certes préparé les élèves à la visite du plus meurtrier des camps d’extermination, véritable « usine de la mort », mais rien n’aurait pu les préparer à la vague d’émotion qui les submergea à la vue des baraques sordides et des fours crématoires. C’est devant l’amoncellement des cheveux de déportés, devant les pyramides de valises, de chaussures, de pauvres objets du quotidien que l’émotion a été la plus forte. Tellement forte qu’elle en devint tangible, épaisse et lourde , trop lourde parfois pour certains… Auschwitz est un gigantesque cimetière à ciel ouvert et les visiteurs y marchent, le pas lourd, les épaules voûtées par le poids du silence des morts, le regard un peu effrayé d’avoir pris conscience de ce qui fut le Mal absolu. Ce voyage a contribué au devoir de mémoire, indispensable pour prévenir toutes les menaces de « déshumanisation », d’intolérance et de haine.

Béatrice SUR